Il y a vingt ans, Déwé Gorodé, que j’avais sollicitée quelques années plus tôt pour la collection « Chroniques du pays kanak », me confiait son roman L’Épave — son premier roman, et le premier roman kanak jamais publié.
Un texte fort, d’une forme libre et complexe, intensément contemporaine, audacieuse.
Un texte fort, d’une forme libre et complexe, intensément contemporaine, audacieuse.
Une langue singulière. Une voix qui déjà portait au-delà du Pacifique.
Je me destinais alors à l’édition d’ouvrages documentaires, dans le domaine des sciences humaines et du partage du savoir — comme m’y prédisposaient ma formation universitaire et mes expériences journalistiques.
Mais cette pierre sur mon chemin en a changé la trajectoire, jetant des ponts vers d’autres formes de création, d’autres voix.
Les rencontres, les élans et les choix — conscients, délibérés —, au fil des affinités et des envies, ont décidé du reste.
Il y eut des moments de joie, des désillusions, du découragement.
Des succès, des silences, des croche-pieds et des encouragements.
Des prix, des émotions, des marques de confiance, et de très belles collaborations.
Des coups de main, des talents, de l’humilité et, parfois, de la fierté.
Il y eut surtout de l’engagement, du temps donné sans retour pour une certaine idée du pays.
Il reste, aujourd’hui, des amis, des souvenirs, des projets, des rires… et quelques livres — bien peu, sans doute, en vingt ans —, mais chacun bordé d’attention et d’espoir.
L’espoir qu’un mot, une pensée, une image trouve un cœur de lecteur où faire son nid.
G. B.
Madrépores: coraux des mers chaudes qui, en s’agglomérant, participent à la formation des récifs tropicaux.