04/01/2024

Déwé Gorodé

Déwé Gorodé - Photo: gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Déwé Gorodé

Épéri Déwé Görödé-Pourouin (noté Gorodey par l’état civil, graphie qu’elle utilise en politique) est née le 1er juin 1949, dans la tribu de l’Embouchure, dans la commune de Ponérihouen (Pwârâiriwâ en paicî, littéralement “l'embouchure de la rivière”), sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie. Elle s’est éteinte le 14 août 2022 à l’hôpital de Poindimié, après de longues années de maladie, à l’âge de 73 ans. 
 
« J’ai aimé écrire assez jeune », confie-t-elle[1]. Sans doute parce qu’elle aimait écouter les histoires, celles de sa terre et celles d’ailleurs. Des histoires que lui contait son père, Waia Görödé (décédé en 1981), un disciple de Maurice Leenhardt[2]. Il s’en confia dans un recueil : Souvenirs d'un Néo-Calédonien ami de Maurice Leenhardt, reprographié par son fils Raymond Leenhardt en 1977, et un manuscrit, écrit en français, paicî et ajië, intitulé Mon école du silence, dont elle travaille à l’édition commentée, avec le professeur Bernard Gasser. Par ailleurs, ses deux grands-pères, les pasteurs Pwëdé Philippe Görödé et Cau Elaisha Nâbaï, élèves et informateurs de Maurice Leenhardt, ont laissé de nombreux écrits en langues ajië et paicî sur la tradition orale.
Orateurs traditionnels, ils ont également entretenu une très longue correspondance avec Maurice Leenhardt en ajië, comme le fera plus tard Waia Görödé, avec Raymond Leenhardt.
 
« Mon père nous racontait, en langue paicî des contes comme Le Petit Poucet, ou même l’histoire de Gavroche des Misérables. Mes grandes sœurs rapportaient des livres de prix, des contes… Je dévorais les livres de lecture. » En grandissant, l’ogresse des livres allait se faire conteuse.
 
Ses études littéraires à Montpellier, de 1969 à 1973, marquent les vrais débuts de l’écriture poétique, la découverte des écrivains de la négritude, des romantiques et de Marx...
Révélateur en matière d’écriture, ce séjour en France est également le déclencheur d’une prise de conscience politique. À son retour, elle rejoint les Foulards rouges, puis le Groupe 1878, mouvements contestataires kanak nés de mai 1968. En mai 1976, elle participe à la création du Palika, un parti politique prônant l’indépendance kanak. Chargée des relations extérieures, elle participe à des missions du front indépendantiste dans le Pacifique, en Australie, en Algérie, au Canada, au Mexique et à l’ONU.
Licenciée en lettres modernes, elle commence à enseigner en 1974, d’abord le français, puis le paicî, et enfin la littérature océanienne, au Mont-Dore, à Houaïlou (1983), Poindimié (1996), et Nouméa (1999), à l’université de la Nouvelle-Calédonie. En 1985, elle participe à l’expérience des EPK, écoles populaires kanak, créées dans la mouvance des Événements qui secouent l’archipel.
 
Son engagement politique dans diverses organisations indépendantistes lui vaut d’être incarcérée au Camp Est, la prison de Nouméa, en 1974 et 1977. Elle y compose une partie de son premier recueil de poésies, Sous les cendres des conques, publié en 1984, qui témoigne de sa volonté de faire entendre une voix kanak qui dise sa quête militante et son attachement aux racines de sa culture. Avec cette œuvre, elle tente ce qu’elle appelle « une interprétation poétique de l’histoire ». Pendant de longues années, elle privilégiera cependant le combat politique à l’écriture, « C’est peut-être aussi pourquoi j’ai publié très tard », explique-t-elle[3].
 
En 1994, paraissent Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier et L’Agenda (aux éditions Grain de sable, puis réédités et augmentés en 1996, aux éditions Madrépores), deux recueils de nouvelles où elle exprime le lien à la terre et la place de chacun dans une société en voie de reformulation. « Les deux recueils font une place importante aux femmes kanak d’aujourd’hui, dans le lien inaliénable qu’elles entretiennent avec le passé. Habitées par le devoir de mémoire, mémoire des souffrances d’autrefois, des luttes qui cimentent de nouvelles alliances sans faire oublier les anciennes, elles puisent ainsi leur force dans la tendresse qui habite les cœurs des autres femmes », résume Dominique Jouve[4].
En 1996, elle publie également Par les temps qui courent, un recueil d’aphorismes où « le style s’évertue à moderniser l’apophtegme en rejoignant l’humour populaire des tribus. Les maximes deviennent lapidaires… », résume Hamid Mokaddem[5].
 
En 1999, au lendemain de l’Accord de Nouméa, elle est l’une des deux premières femmes élues de l’UNI à l’assemblée de la province Nord, et se voit confier les secteurs de la Culture, de la Jeunesse et des Sports au Conseil de gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Elle participera à tous les gouvernements qui suivront (en 2001, 2004, 2009, 2011, 2014 et 2015), assumant même la vice-présidence jusqu’en 2009. À compter de cette date, elle est également en charge de la Condition féminine et de la Citoyenneté, jusqu’à la fin de son dernier mandat en 2019.
 
Elle poursuit parallèlement son chemin d’écriture en signant avec Nicolas Kurtovitch Dire le vrai et Le Vol de la parole avec Weniko Ihage, mais une large partie de son œuvre reste inédite. En 2000, à l’occasion du VIIIe Festival des arts du Pacifique à Nouméa, elle s’essaye au théâtre avec Kënâké 2000, mis en scène par Pierre Gope, au théâtre de Poche.
 
L’Épave, son premier roman, et le premier roman kanak jamais publié, paraît aux éditions Madrépores à l’occasion du deuxième Salon international du livre océanien (SILO), en octobre 2005 ; il est réédité en 2007 et en 2019. Il reçoit un accueil médiatique discret, voire gêné, mais le premier tirage est rapidement épuisé alors qu’il est sélectionné pour la douzième édition du prix RFO du livre 2006, aux côtés de Maryse Condé, Ousmane Diarra et Ananda Devi, qui en sera la lauréate. L’année suivante, L’Épave reçoit le prix Popaï du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, au SILO 2007, à Poindimié.
 
En 2008, Jean-Marie Gustave Le Clézio, recevant le prix Nobel de littérature, associe Déwé Gorodé à d’illustres auteurs internationaux, français ou ultramarins qui l’ont accompagné dans son chemin d’écriture lors de la conférence qu’il donne à cette occasion.
 
Graines de pin colonnaire, un second roman composite, paraît aux éditions Madrépores à l’occasion du SILO, en septembre 2009. 
Son troisième roman, Tâdo, Tâdo, wéé ! – No More Baby, est édité par Au vent des îles, à Tahiti, en 2012, dans la collection Littérature du Pacifique. 
En 2014, les éditions Vents d’ailleurs (La Roque-d’Anthéron, France), publient À l’orée du sable, un recueil de poèmes, suivi en 2016 par Se donner le pays, aux éditions Bruno Doucey (Paris), composé avec la poétesse Imasango, unissant ainsi leurs deux voix, « l’une kanak, l’autre métisse, pour rappeler que la poésie est un territoire de paix ».
 
G. B.

[1] Interview recueillie par Blandine Stefanson, Notre librairie, revue des littératures du Sud, nº 134, Paris, 1998.
[2] Ainsi que son père, le pasteur Philippe Görödé (1890-1972).
[3] Interview recueillie par Blandine Stefanson, Notre librairie, revue des littératures du Sud, nº 134, Paris, 1998.
[4] Le Mémorial calédonien, t. X, Nouméa, 1998.
[5] Chroniques du pays kanak, t. III, Nouméa, 2000.

Lire également: Disparition de Déwé Gorodé


Au catalogue Madrépores

L’Épave, roman, prix Popaï de la Nouvelle-Calédonie 2007,
Déwé Gorodé, 2005, réédité en 2019.
 
Graines de pin colonnaire, roman,
Déwé Gorodé, 2009.
 
Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier, nouvelles,
Déwé Gorodé, 2015.
 
L’Agenda, nouvelles,
Déwé Gorodé, 2015.
 
La Vieille Dame, nouvelles,
Déwé Gorodé, 2016.


Bibliographie de Déwé Gorodé

POÈMES

Sous les cendres des conques, poèmes,
Édipop, Nouméa, 1985.
 
Par les temps qui courent, aphorismes,
Grain de Sable, Nouméa, 1996.
 
Dire le vraiTo tell the Truth, avec Nicolas Kurtovitch, poèmes, traduits par Raylene Ramsay et Brian Mackay,
Grain de Sable, Nouméa, 1999.
 
Avant que la nuit tombe, poésie,
Avec Frédéric Ohlen et Nicolas Kurtovitch,
ill. de Mathieu Venon,
L'Herbier de Feu, Nouméa, 1999.
 
À l’orée du sable, poèmes,
Vent d’ailleurs, La Roque-d'Anthéron, 2014.
 
Se donner le pays, poèmes,
Avec Imansango, préface de Murielle Szac,
Éditions Bruno Doucey, Paris, 2016.

THÉÂTRE

Kënâké 2000, une adaptation du jèmââ de Téâ Kënâké, théâtre, pièce inédite mise en scène par Pierre Gope,
au théâtre de Poche, Festival des arts du Pacifique, Nouméa, 2000.

NOUVELLES

Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier, nouvelles,
Édipop & Grain de Sable, 1994, rééd. Madrépores, 2015.
 
L’Agenda, nouvelles,
Grain de Sable, Nouméa, 1996, rééd. Madrépores, 2015.
 
Le Vol de la parole, avec Weniko Ihage, nouvelles,
Édipop, Nouméa, 2002.
 
La Vieille Dame, nouvelles,
Madrépores, 2016.

ROMANS

L’Épave, roman, prix Popaï, 2006,
Madrépores, Nouméa, 2005.
 
Graines de pin colonnaire, roman,
Madrépores, Nouméa, 2009.
 
Tâdo, Tâdo, wéé ! – No More Baby, roman,
Au vent des îles, Pirae (Tahiti), 2012.

TRADUCTIONS

Dire le vraiTo Tell the Truth, avec Nicolas Kurtovitch, poèmes,
traduits par Raylene Ramsay et Brian Mackay,
Grain de Sable, Nouméa, 1999.
 
The Kanak Apple Season, nouvelles,
traduites par Peter Brown,
Pandanus Books, Canberra (Australie), 2004.
 
Sharing as Custom Provides, poèmes,
traduits par Raylene Ramsay et Deborah Walker,
Pandanus Books, Canberra (Australie), 2005.
 
The Wreck (L’Épave), roman,
traduit par Deborah Walker Morisson et Raylene Ramsay,
Little Island Press, Auckland, (Nouvelle-Zélande).

TRADUIT PAR DÉWÉ GORODÉ

Pierre noire, de Grace Mera Molisa, poèmes,
traduits par Déwé Gorodé,
Grain de Sable, Nouméa, 1997.

ESSAI

Trente ans du Palika – En chemin vers la citoyenneté, essai,
Édipop, Nouméa, 2006.

ANTHOLOGIES ET OUVRAGES COLLECTIFS

Blood on their Banner, Nationalist Struggles in the South Pacific,
David Robie, éd. Zed Books ltd, Londres (Grande Bretagne), 171, éd. First Avenue, New Jersey (États-Unis), éd. Pluto Press Australia & New Zealand, 1989.
 
Nouvelle-Calédonie – Un paradis dans la tourmente,
Alban Bensa, Gallimard, Paris, 1990.
 
A New Oceania – Rediscovering our Sea of Island,
Epeli Hau’ofa, Eric Waddel, Vijay Naidu, ed. University of South Pacific, School of Social and Economic Development, Suva (Fiji), 1993.
 
Die SüdseeInselwelten im Südpazifik, nouvelle,
Sabine Ehrhart, éd. Dumont Buchverlag, Cologne (Allemagne), 1993.
 
Paroles et écritures. Anthologie de la littérature néo-calédonienne,
François Bogliolo, Les Éditions du Cagou, Hachette Calédonie, Nouméa, 1994.
 
Avant-propos , in Chroniques du pays kanak, t. 4 :
« Mutations », encyclopédie,
Coll. sous la dir. de Gilbert Bladinières, Planète Mémo, Nouméa, 1999.
 
Nouvelles d'Océanie 1 : vol. 91, Anthologie permanente de la nouvelle, nouvelles,
Coll. sous la dir. de Daniel Delort,
Brèves/Pour la nouvelle, Villelongue-d'Aude, 2010.
 
Éclaire nos pas... Quinze ans de poésie — Nouvelle-Calédonie 1995-2010, poésie,
L'Herbier de Feu & le Club des amis de la poésie, Nouméa, 2011.

03/01/2024

Jenny Briffa

 

Jenny Briffa

Jenny Jenny Briffa est née en Nouvelle-Calédonie en 1981. Elle passe l’essentiel de son enfance à Nouméa et au Mont-Dore. De ses années au collège de Boulari, elle garde de solides amitiés – avec Maïté Siwene, notamment, l’interprète de sa première pièce, Fin mal barrés ! et de Ma quarantaine rugissante – et une passion précoce pour le journalisme qui la conduit à créer, avec quelques camarades, le journal de l’établissement Entre-news, puis l’entraîne devant les caméras de la télévision scolaire où elle présente l’émission Accent Tonique (1993-1998).

Elle poursuit de brillantes études à l’École supérieure de journalisme de Lille, option télévision (2003 à 2005), après trois ans à Sciences-Po Lille (IEP).

En 2003, elle passe près d’un an à Sydney afin de parfaire son anglais et propose des reportages à SBS, la radio nationale australienne, pour ses programmes en français.

Stagiaire puis pigiste en radio sur RTL, France Info, France Inter, France Bleu Nord, elle leur préfère la télévision. Lauréate de la bourse Jean d’Arcy, en 2005, elle intègre France Télévisions. Elle reçoit le prix Rotary du jeune reporter, pour Khayelitsha, les ateliers de fortune, un film de treize minutes tourné dans le plus grand township de Cape Town, en Afrique du Sud.

Pendant cinq ans, elle multiplie les expériences de reporter, à Paris comme en province, pour les rédactions de France 3 National en 2005 (le 19/20, le 12/13), et de France 2, de 2006 à 2009 (le 20 H, le 13 H).

De retour à Nouméa en 2009, elle crée, avec Gweltaz Kergoat, la société Têtemba Productions et conserve des liens privilégiés avec France 2. Elle signe de nombreux sujets pour le journal télévisé en tant que correspondante dans le Pacifique et quelques reportages pour les magazines 13 h 15 le samedi, Un œil sur la planète. Elle se spécialise depuis 2014 dans le documentaire, et signe une série de 52 minutes pour Canal+ Calédonie, France Ô et NC 1ère. Ses films sont régulièrement sélectionnés pour les manifestations régionales comme le FIFO, festival international du film documentaire de Tahiti, ou Ânûû-rû Âboro, festival international du cinéma des peuples, à Poindimié.

En 2017, elle s’essaye à l’interview politique pour la chaîne Calédonia (province Nord).

Passionnée par le devenir institutionnel de son archipel et l’enjeu du référendum de 2018, elle exerce son humour incisif dans un one-woman-show décapant écrit tout spécialement pour Maïté, son amie d’enfance devenue comédienne. Celle-ci enflamme les planches du centre culturel Tjibaou en juin 2017 et tourne dans les salles de spectacle de l’île. Elle confie le sound design, part essentielle du projet, à un autre de ses amis d’enfance, le musicien et compositeur David Le Roy.

En deux ans, une cinquantaine de représentations a été organisée. Fin mal barrés ! a ainsi rassemblé plus de quinze mille spectateurs calédoniens. Une captation télévisée a également été diffusée sur Canal+ Calédonie et sur le site Internet du magazine métropolitain Télérama. La version éditée de la pièce a reçu le prix Popaï de la Nouvelle-Calédonie, dans la catégorie Fiction, à l’occasion du Silo 2018, et le prix Vi Nimö, délivré par les collégiens et lycéens de l’archipel au Silo 2019.

Suivent Fin mal géré !, puis Fin bien ensemble et une proposition plus personnelle : Ma quarantaine rugissante. En 2023, elle s’attelle à un nouveau projet ambitieux, Racines mêlées, qui s’intéresse aux premiers contacts entre Européens et Kanak, entrelaçant les fils de la grande Histoire. Avec Barrage, qui remet en scène Marguerite et Kévin, les personnages de Fin bien ensemble, elle propose sa lecture des évènements de mai 2024. Les Calédoniens seront –ils capables d’offrir une fin heureuse à ce couple qui aujourd’hui se déchire ?


Bibliographie

  • À la dérive, enquête sur les mineurs délinquants en Nouvelle-Calédonie, bande dessinée, illustrée par Florent Grouazel, Jenny Briffa, 2018. In La Revue dessinée, Paris.
  • Fin mal barrés !, théâtre, 2018. Prix Popaï de la Nouvelle-Calédonie 2018. Publié avec le soutien de la Maison de la Nouvelle-Calédonie.
  • Fin mal géré !, théâtre, 2020. Éditions Madrépores, Nouméa. Publié avec le soutien à l’écriture de la Maison du livre de Nouvelle-Calédonie.
  • Fin bien ensemble, théâtre, 2022. Prix Vi Nimö 2025. Éditions Madrépores, Nouméa. Cet ouvrage a bénéficié d’une aide à l’édition de la province Sud.
  • Ma Quarantaine rugissante, théâtre, 2023. Éditions Madrépores, Nouméa. Cet ouvrage a bénéficié d’une aide à l’édition de la province Sud.
  • Racines mêlées, théâtre, 2025. Éditions Madrépores, Nouméa. Cet ouvrage a bénéficié d’une aide à l’édition de la province Sud.
  • Barrage, théâtre, 2026. Éditions Madrépores, Nouméa.


Filmographie sélective


  • La Terre mère (Australie), 26’, France 2, 13 H 15 le samedi, 2009.
  • L’Île sur pilotis (Tuvalu), 26’, France 2, 13 H 15 le samedi, 2010.
  • Black is beautiful (Nouvelle-Zélande), 26’, France 2, 13 H 15 le samedi, 2011.
  • Le Royaume de la République (Wallis-et-Futuna), 26’, France 2, 13 H 15 le samedi, 2011.
  • Le bonheur est dans le pré (Nouvelle-Zélande), 26’, France 2, Un œil sur la planète, 2012.
  • Au cœur de la Brousse en folie (Nouvelle-Calédonie)52’ France Télévisions-Canal+, 2014.
  • Une Nature envahissante (Nouvelle-Calédonie), 52’, Canal+ Overseas, 2014.
  • Le Pacifique, un océan de solutions (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Wallis-et-Futuna, Polynésie), 70’, France Ô, 2015.
  • Singapour, le paradis du business (Singapour), 26’, France 2, Un œil sur la planète, 2015.
  • Un Rêve kanak (Nouvelle-Calédonie, France), 52’, Canal+ overseas, 2015.
  • Conduites dangereuses (Nouvelle-Calédonie), 52’, Canal+ Calédonie, 2016.
  • Kaneka, le pays en harmonie ? (Nouvelle-Calédonie)52’, France Ô, 2016.
  • Destins lointains (Nouvelle-Calédonie), 52’, Canal+ Calédonie, 2017.
  • Naufrage (Nouvelle-Calédonie), 52’, Canal+ Calédonie, 2017.
  • En plein chœur (Nouvelle-Calédonie), 52’, France Télévisions, 2018.
  • Seconde chance (Nouvelle-Calédonie), 52’, Calédonia - France Télévisions, 2018.

Frédérique Viole

 Frédérique Viole


Frédérique Viole est née à Oujda, au Maroc. Elle quitte le pays alors qu’elle n’a que deux ans. « Je ne garde aucun souvenir du Maroc à cette époque. De ma naissance non plus, d’ailleurs. Ce qui est assez fréquent… » souligne-t-elle avec humour dans un billet autobiographique décalé. Son enfance se déroule à l’île de La Réunion. « Entre cannes à sucre et volcan, j’écris un roman, Les Pains brûlés. L’œuvre n’a pas marqué les mémoires. La mienne pas davantage. Et le manuscrit s’est perdu. »

À douze ans, on l’expédie en pension dans la région parisienne. « C’est loin. Je fais connaissance avec les Français de France – enfin surtout avec les pensionnaires – et je commence à noircir des carnets… » 


En 1971, elle rejoint sa famille qui a immigré en Nouvelle- Calédonie. Elle part faire ses études en France. Aix-en-Provence, Besançon, Marseille.

« À l’époque, je loue un cabanon dans les calanques avec une amie. À quatre mains, ma presque sœur et moi écrivons un recueil de nouvelles : Histoires de rien. Le titre était sans doute prémonitoire, car, malgré notre enthousiasme à le voir édité, l’ouvrage savamment calligraphié restera dans un tiroir. »
Elle revient en Nouvelle-Calédonie où elle exerce en tant qu’orthophoniste.

« En 2010, je fais le choix d’arrêter de travailler et après m’être consacrée aux mots des autres, je décide de m’occuper des miens. » Elle participe alors à un atelier d’écriture qui donnera naissance à l’une des nouvelles de ce recueil : Angélique ou l’histoire sans nom reçoit le grand prix de la médiathèque de l’Ouest en 2010, à l’occasion du concours « Écrire les gens d’ici » organisé par Écrire en Océanie et la médiathèque de l’Ouest. La nouvelle est alors publiée dans le premier fascicule qui réunit toutes les nouvelles primées.

En 2011, elle propose la nouvelle J’ai tout plié, au concours « Les vies d’ici » organisé par l’association Écrire en Océanie, la médiathèque de l’Ouest et l’association des Bibliothécaires du Nord. Elle reçoit le prix délivré par Écrire en Océanie et la Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie.
Dors petit Sam, un conte pour tout-petits, son premier ouvrage en solo, paraît en 2012, avec les illustrations « très manga » de Mélissa Bazire.

En 2014, son poème Le Chagrin d’Arama, est publié dans l’ouvrage collectif Paysages, d’Écrire en Océanie. L’année suivante, elle rassemble les nouvelles primées et quelques autres pour la publication de Narafala qui inaugure la collection de nouvelles d’Écrire en Océanie, dirigée par l’écrivaine Claudine Jacques.

L’éditrice Liliane Tauru lui propose la réécriture d’un conte de l’île des Pins, issu d’une collecte orale, dans le cadre de la collection des contes bilingues qu’elle accompagne pour l’ADCK en collaboration avec Vale NC. Nimurë, l’igname du chef, illustré par Isabelle Ritzenthaler, paraît dans la collection Contes d’ici.

L’année 2019 lui est particulièrement favorable. Elle propose son Conte malpoli – La Princesse au petit prout à Liliane Tauru des éditions Plume de Notou, qui renouvelle sa confiance à Isabelle Ritzenthaler pour les illustrations. Cette réinterprétation très locale de La Princesse au petit pois reçoit le prix Popaï de la Nouvelle-Calédonie au Silo, salon du livre océanien, à Poindimié, dans la catégorie Jeunesse.
Cette même année, après la parution de son recueil de nouvelles Qu’on m’aime quand même, aux éditions Humanis, l’éditeur, Luc Deborde, lui propose de participer, sous la direction de l’écrivain cinéaste Roland Rossero, à l’ouvrage collectif Microfictions calédoniennes, 100 petits cailloux, de très courtes histoires dont la longueur ne doit pas excéder 1 200 signes. « L’exercice de style est intéressant, mais très contraignant pour moi ! J’aime bien déborder ».

En 2020, son conte Il était une fois ma mère poilue paraît dans la revue littéraire Sillages d’Océanie de l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie.

En 2021, les éditions Madrépores et De Bas en Haut s’acoquinent pour la réédition de Narafala dont le tirage initial est alors épuisé. Trois nouveaux textes viennent rejoindre les nouvelles déjà publiées en 2015 qui ont été revues et corrigées par l’autrice. Avec la complicité de l’autrice, les deux éditeurs ont souhaité confier ces textes (douze nouvelles et un poème) à des artistes — tous sélectionnés parce qu’ils étaient largement impliqués dans le domaine du livre et de l’illustration —, pour qu’ils en livrent une vision toute personnelle, avec pour seule contrainte le format. L’exposition « My ya Narafala, Je suis l’ailleurs » organisée du 26 août au 10 septembre 2022 à la galerie Art Factory est le résultat de ce rendez-vous entre l’art et la littérature, un croisement de trajectoires, d’intentions et de pratiques, à l’image de l’œuvre de Frédérique Viole où se croisent des fragments de vies, de lieux, d’instants, où l’Autre se confond avec l’Ailleurs.

En 2022, Frédérique Viole signe également le texte de la nouvelle pièce de théâtre mise en scène par Isabelle de Haas pour Pacifique et compagnie, sur le thème des violences faites aux femmes : Celle qui marchait seule avec son carton.

En 2023, deux de ses poèmes écrits pour l’occasion, l’un sur la maternité, l’autre sur la vieillesse, sont présentés dans l’exposition de Gabrielle Ambrym, Regards sur un corps vivant, au Château Hagen.
Parallèlement, elle crée pour le jeune public le personnage de la jeune Mano, et lui fait vivre mille aventures au cœur de la brousse calédonienne avec sa bande de cousins "arc-en-ciel". Mano et l'ombre du banian paraît aux éditions Madrépores en octobre 2023, illustré par Nicolas Yann Martin. 
Ce roman a été choisi par la direction de l’enseignement de la Nouvelle-Calédonie pour être offert à tous les élèves de Nouvelle-Calédonie achevant leur classe de CM2 en 2023. 
L'année suivante, elle signe un deuxième tome, Mano et les étoiles, qui paraît en août 2026.


Bibliographie

JEUNESSE

    • Dors, petit Sam, conte pour tout-petits, illustrations de Mélissa Bazire, Écrire en Océanie, Nouméa, 2012.
    • Nimurë, l’igname du chef, traduit en kwényï par l’association Vàkàkwaé Nââ Kwényï, illustrations d’Isabelle Ritzenthaler, Éd. ADCK-Vale, Nouméa, 2016.
    • Conte malpoli – La Princesse au petit prout, illustrations d’Isabelle Ritzenthaler, éd. Plume de Notou, Nouméa, 2019. Prix Popaï « Littérature jeunesse ».
    • Mano et l'ombre du banian, roman jeunesse illustré, illustrations de Nicolas Yann Martin, mises en couleur par Romain Flamand, éd. Madrépores, Nouméa, 2023.
    • Mano et les étoiles, roman jeunesse illustré, illustrations de Nicolas Yann Martin, mises en couleur par Romain Flamand, éd. Madrépores, Nouméa, 2026.

        NOUVELLES

        • Narafala (première édition), nouvelles, Écrire en Océanie, Nouméa, 2015. 
        • Qu’on m’aime quand même, nouvelles, Humanis, Nouméa, 2019.
        • Microfictions calédoniennes, 100 petits Cailloux, collectif, éd. Humanis, Nouméa, 2019.
        • Narafala (seconde édition augmentée), nouvelles, Madrépores et De Bas en Haut, Nouméa, 2022. 

        POÉSIE

        • Le Chagrin d’Arama, poème, in Paysages, ouvrage collectif, Écrire en Océanie, Nouméa, 2014.
        • Sans titre et Lentement, présentés dans l’exposition Regards sur un corps vivant, de la plasticienne Gabrielle Ambrym, au Château Hagen, 2023.

        THÉÂTRE

        • Celle qui marchait avec son carton (non publié), dans une mise en scène d’Isabelle de Haas, Pacifique & Compagnie, 2022.