jeudi 16 novembre 2017

Le Réveil kanak


LE RÉVEIL KANAK

La montée du nationalisme en Nouvelle-Calédonie

 

David Chappell

Traduit de l'anglais par Nathalie Segeral

Révisé par Philippe Boisserand


Chronique historique

Publié en coédition avec l'Université de la Nouvelle-Calédonie

Presses universitaires de la Nouvelle-Calédonie

Collection Résonances

Traduit avec le soutien de la Société d’études mélanésiennes

  
Dépôt légal: novembre 2017

Nombre de pages : 320

Format : H 24 x L 16 cm

Prix : 3 500 francs CFP

Maquette: Eteek pour les éditions Madrépores
ISBN : 979-10-92894-03-5

Diffusion distribution : Book’ In

Commande en ligne : www.pacific-bookin.com



L’ouvrage


Inspirés par les événements de Mai 68, quelques étudiants kanak de retour de métropole font fleurir des graffitis sur les murs de Nouméa, l’année suivante. L’outrage provoque incrédulité et colère au sein des notables de la colonie et une répression musclée de la part de l'administration. Ceux qui allaient devenir les « Foulards rouges » font ainsi entendre une voix dissidente puissante et structurée : aujourd’hui encore, les questionnements de ces pionniers du « Réveil kanak » font écho à une réflexion politique que les accords de Matignon et de Nouméa n'ont pas éteinte.

Avec cet ouvrage essentiel pour la compréhension de l’histoire récente du pays, l’universitaire hawaïen David Chappell, spécialiste de l’histoire du Pacifique, examine la montée des formations identitaires et l'émergence de discours activistes prônant le nationalisme kanak, la réforme foncière, une forme de souveraineté progressiste et multiraciale… ou une subtile combinaison de  toutes ces aspirations.
La plupart des études traitant de la Nouvelle-Calédonie contemporaine se concentrent sur les évènements qui secouèrent l’archipel dans les années 1980, tant elles ont laissé de profondes cicatrices dans les mémoires.
S’appuyant sur des recherches approfondies, David Chappell s’attache à retracer les mécanismes qui gouvernent la vie politique locale depuis cinquante ans, en examinant avec soin les antécédents historiques, culturels et intellectuels du sursaut nationaliste kanak : un travail minutieux qui s'appuie sur l’examen de documents d’archives publics et privés, étayé par des entretiens avec les figures de la vie politique locale.

En disséquant les interactions de la France avec les Kanak, les relations complexes entre les Kanak et les Caldoches, les écarts de pensées entre les Kanak des différentes générations, l’auteur retrace toutes les étapes du mouvement nationaliste et la façon dont celui-ci a influencé la société calédonienne contemporaine. Le « Réveil kanak » permettra le rétablissement de l'autonomie, la reconnaissance des aspirations autochtones à la souveraineté, la création d’une  citoyenneté locale arborant ses propres symboles... et le contrôle de deux provinces sur trois par des partis indépendantistes, malgré un poids démographique kanak légèrement minoritaire.
La quête de la pleine souveraineté peut-elle s’affranchir d’un consensus avec les populations qui se sont installées au fil des décennies ? La réflexion de David Chappell offre l'indispensable point de vue extérieur sur le processus de décolonisation, les étapes obligées de la construction d'une nation insulaire et la délicate formulation d’une identité nationale multiethnique.

Cet ouvrage coédité par l'Université de la Nouvelle-Calédonie et les éditions Madrépores en novembre 2017 a fait l’objet d’une première édition en anglais en 2013, par les éditions de l’Université d’Hawaï (University of Hawai‘i Press), dans la collection « Pacific Islands Monograph Series », du Center For Pacific Islands Studies, School of Pacific and Asian Studies, University of Hawai‘i at Mānoa, Honolulu, sous le titre The Kanak Awakening - The Rise of Nationalism in New Caledonia
Il a été traduit en français par Nathalie Segeral (université d’Hawaï) avec le soutien de la Société d’études mélanésiennes, révisé par Philippe Boisserand pour les éditions Madrépores et l'Université de la Nouvelle-Calédonie, en collaboration avec l’auteur.
Un soin particulier a été apporté à l’iconographie complétée par Philippe Boisserand en accord avec l’auteur : cette édition a été enrichie de quarante-cinq documents et photographies empruntés à des collections et archives publiques et privées.

L’auteur

David A. Chappell


David Chappell est professeur agrégé d’histoire du Pacifique à l’Université de Hawaï à Mānoa. Il s’intéresse tout d’abord au colonialisme français en tant que volontaire du Corps de la paix des États-Unis en Côte d’Ivoire et se spécialise dans ce sujet pour son MA en histoire africaine de l’université de Stanford, qu’il obtient en 1971. Alors qu’il débute en tant qu’enseignant à Hawaï dans les années 1980, tout en préparant son doctorat à l’université de Mānoa, il se passionne pour le Pacifique français au moment où éclatent les événements qui secouent la Nouvelle-Calédonie.

David Chappell a publié divers articles dans des revues de sciences humaines : The Journal of Pacific History, Pacific Affairs, Pacific Historical Review, Pacific Studies, Journal of Pacific Studies, Journal de la Société des Océanistes, Études comparatives en société et histoire, The Contemporary Pacific et La Revue Juridique polynésienne, ainsi que dans divers autres supports portant sur l’histoire maritime, l’histoire mondiale et l’histoire africaine.

Il a enseigné en Côte d’Ivoire, en Malaisie, aux îles Marshall et aux Samoa américaines et a animé des conférences en Nouvelle-Calédonie comme en Polynésie française.
Son premier livre, Double Ghosts (1997), s’intéressait aux « Kanakas » et autres insulaires océaniens embarqués de façon volontaire ou forcée sur les navires européens et les baleiniers américains aux XVIIIe et XIXe siècles.

La présente étude sur l’essor du mouvement nationaliste en Nouvelle-Calédonie est le produit de plus de vingt années de recherche.

Publications

 2018 “Voices of Liberation: Indigenous Political Writings in Papua New Guinea, Solomon Islands and Vanuatu during the Decolonization Era”, Pacific Studies (BYU-H), 41:3, 27 pp.
2016 “Water Nations: Colonial Bordering, Exploitation and Indigenous Nation-Building in Kiribati and Tuvalu,” Pacific-Asia Inquiry, Vol. 7, N° 1, 8-25.
2013 The Kanak Awakening: The Rise of Nationalism in New Caledonia. Honolulu: University of Hawaiʻi Press.
2010 “A ‘Headless’ Native Talks Back: Nidoish Naisseline and the Kanak Awakening,”The Contemporary Pacific, Vol. 22, N° 1, 2010, 37-70.
2005 “‘Africanization’ in the Pacific: Blaming Others for Disorder in the Periphery?”Comparative Studies in Society and History, 47:2, 286-317.
2000 “The Forgotten Mau: Anti-Navy Protest in American Sāmoa, 1920-35,” Pacific Historical Review, 69:2 (mai), 217-60 [a remporté le AHA-PCB Koontz Award, 2001].
1999 “Transnationalism in Central Oceanian Politics: A Dialectic between Diasporas and Nationhood?” Journal of the Polynesian Society, 108:3 (septembre), 277-303.
      
1997  Double Ghosts: Oceanian Voyagers on Euro-american Ships. Armonk: M. E. Sharpe.