13/08/2026

L’Archipel des audacieuses

 

L’Archipel des audacieuses

Sophie Minet

Nouvelles

Linogravures d’Alejandra Rinck-Ramirez


Publié avec le soutien de la province Sud


Dépôt légal : septembre 2026
Format: 13 x 20 cm
Nombre de pages : 212
ISBN : 979-10-92894-20-2
Prix public : 1 800 francs CFP
Diffusion distribution : Book'In
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L’ouvrage

À travers dix trajectoires de femmes de Nouvelle-Calédonie, singulières à bien des égards, ce recueil de portraits rend hommage à des parcours qui, loin des sentiers battus, ont laissé dans les mémoires le souvenir d’une vie pleine et engagée… comme un chemin à suivre.

Biographe par passion, Sophie Minet nous offre le concert de leurs voix plurielles qui s’incarnent au fil de sa plume. Les voix de celles qui, libérées des carcans de leur temps, ont osé ouvrir des portes et prendre leur propre place.

Cet ouvrage plein de fraîcheur est une invitation à écouter ces figures du pays jouant leur propre partition. Chacune a laissé son empreinte dans une Histoire qui ne les attendait pas et nous interroge sur le chemin que nous avons tous à tracer.

Pour parfaire ces esquisses, l’artiste Alejandra Rinck-Ramirez pose, avec ses linogravures, un regard sensible et inspiré sur ces femmes d’exception.

Initié en 2023, à l’occasion d’une résidence d’écriture de l’autrice au Château Hagen, cet ouvrage a bénéficié d’une aide à l’édition de la province Sud.

 

Les onze audacieuses de Sophie Minet

  • Éliane Obry, dite Mamie Fogliani (1939-2020)
  • Jacqueline Sénès (1922-2015)
  • Anna Gowete (1926-2000)
  • Raymonde Teyssier, née Jore (1917-1995) et Raymonde, dite Mona, Rolly (1917-1988)
  • Caroline Newedou, dite Sœur Caro (1922-2008)
  • Jeanne Tunica y Casas, née Bernard (1894-1972)
  • Françoise, dite Loulette, Delhumeau (1933-2012)
  • Suzanne Ounei (1945-2016)
  • Maria Ohlen, née Dorhn (1820-1897)
  • Emma Meyer (1922- 1987)

 

L’autrice : Sophie Minet

Formée à l’art-thérapie, Sophie Minet intervient en maison de retraite où elle rencontre des personnes atteintes d’Alzheimer. Là, elle prend conscience de l’importance de la mémoire et de la transmission. C’est ce qui l’amène à devenir biographe au sein du GREC, réseau national d’écrivains-conseils. Avec « Une Vie en prose », elle prête sa plume à celles et ceux qui veulent laisser une trace. Elle signe ainsi de nombreux récits de vie avant d’élargir son horizon.

Investie dans la valorisation du matrimoine local, elle préside l’association Femmes du Caillou. Elle y met en lumière les trajectoires de Calédoniennes d’exception à travers des projets culturels et un jeu conçu pour la jeunesse.

Lauréate d’une résidence d’écriture de la province Sud au Château Hagen en 2024, elle consacre son travail à dix figures féminines aux parcours inspirants, qu’elle exhume du passé en mêlant habilement fiction et réalité.

Si ce recueil de nouvelles, illustré par Alejandra Rinck-Ramirez, est son premier ouvrage publié dans le champ de la littérature, elle a composé près d’une dizaine de biographies à destination de particuliers qui lui ont fait confiance pour raconter leur histoire.

 

    

« Cet ouvrage tissé de liens intergénérationnels aspire à être le porte-parole de voix qui ont en commun d’être restées fidèles à leurs engagements. Telle une spéléologue, je suis allée dénicher dans le passé ces dix héroïnes de l’ombre. J’ai voulu non seulement rendre hommage au matrimoine collectif, mais aussi au matrimoine individuel, car chaque famille a son panthéon féminin tapi dans un coin de mémoire. Il m’a semblé que ces figures d’exception méritaient d’être sorties des oubliettes d’une Histoire bien souvent trop « virile ». En écrivant ce livre, j’espère de tout coeur que l’écho de ces vies résonne loin et qu’il arrive à insuffler aux lecteurs et lectrices l’envie de mettre avec audace leur grain de sel dans ce monde qu’il nous faut reconstruire.
C’est avec gratitude que je m’adresse aux personnes sans lesquelles je n’aurais pas eu accès à ces existences. J’ai glané, sans le faire exprès, en majorité auprès de femmes : descendantes sur plusieurs générations, nièces ou amies. Toutes m’ont offert avec générosité la matière nécessaire au tissage d’un récit, et je les en remercie. Mon challenge a été de nouer ces bribes pour façonner un texte qui se veut fidèle à la réalité biographique tout en m’autorisant à jouer avec l’attrait de la fiction. » 
                                                                                                            Sophie Minet

 

 

L’illustratrice: Alejandra Rinck-Ramirez

Architecte de formation, Alejandra Rinck-Ramirez a contribué à divers projets d’infrastructures avant de privilégier la création artistique.

Elle développe une pratique plurielle, entre peinture, collage, fresque murale, linogravure, installation, broderie, création textile, céramique et illustration pour l’édition jeunesse.

D’origine chilienne, elle vit en Nouvelle-Calédonie depuis de nombreuses années et cherche, à travers son travail, à mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel de l’archipel, pays de ses enfants.

Elle participe notamment au projet artistique du Médipôle de Koutio, pour lequel elle réalise plusieurs œuvres et fresques murales, et multiplie les expositions personnelles et collectives. En 2021, elle crée le collectif Les Lignes rouges avec Laurence Lagabrielle, Véronique Menet et Marie Murtini, et investit le Château Hagen pendant plus de deux mois.

Inspirée par les « audacieuses » de Sophie Minet et les photographies transmises par leurs familles, elle a réalisé les linogravures de cet ouvrage, imprimées à la presse dans son atelier, en y insufflant son style graphique si singulier.




12/08/2026

Mano et les étoiles

 


Mano et les étoiles

Frédérique Viole
Roman jeunesse 
Illustré par Nicolas Yann Martin
Mis en couleur par Romain Flamand
 
Ouvrage publié avec le soutien de la province Sud

Dépôt légal : août 2026
Format: 19 x 14 cm
Nombre de pages : 68
ISBN : 979-10-92894-23-3
Prix public : 1 500 francs CFP
Diffusion distribution : Book'In
Je commande en ligne
 

L'ouvrage

Chaque été, Mano retrouve ses cousins chez Mémécrep, au cœur de la brousse calédonienne.
Entre les parties de chasse et de pêche, les légendes d’autrefois et les montagnes de crêpes, les vacances commencent bien.
Pourtant, Mano en a assez que tout le monde la prenne pour une petite fille.
Lorsqu’un étrange duo surgit de la mer, toute la bande est entraînée dans une nouvelle aventure.
Dans le sillage des étoiles, Mano découvre que chaque rencontre peut aider à grandir.

Après Mano et l’ombre du banian, Frédérique Viole propose un nouveau volet des aventures de la jeune Mano et de ses cousins « arc-en-ciel », au cœur de la brousse calédonienne. Avec son habileté coutumière, l’autrice du fameux Conte malpoli (Prix Popaï 2019) dresse une galerie de portraits truculente et fait une nouvelle fois la démonstration de sa grande sensibilité.

L’ouvrage est illustré avec brio par Nicolas Yann Martin qui saisit, avec son humour habituel, le sel de toutes les situations. Les images sont mises en couleurs par un autre dessinateur de talent : Romain Flamand.


L'autrice : Frédérique Viole


De la même autrice aux éditions Madrépores


L'illustrateur: Nicolas Yann Martin

Nicolas Yann Martin, alias Niko, est illustrateur, dessinateur et scénariste de bande dessinée. Il débute à 16 ans comme dessinateur de presse, puis signe les dessins de la collection Frimeurs des îles (10 tomes de 2001 à 2018), en collaboration avec l’auteur Sosthène Desanges, alias Solo. Son compagnon de travail est son chat il lui a inspiré sa dernière série, Cat’n Cookies, publiée chaque semaine dans un magazine local. Il réalise chaque dimanche un dessin inspiré de l’actualité pour le journal télévisé de NC la 1re et anime très régulièrement des ateliers où, grâce à sa tablette numérique, il fait la démonstration de son talent aux multiples facettes. Il signe, en outre, de nombreuses couvertures d’ouvrages et réalise en 2021 les illustrations des ouvrages jeunesse d’Isa Qala, comme Sedrenila, aux éditions Plume de Notou (2021), ou Kirinata et Doka pour les éditions De Bas en Haut (2022).

28/05/2026

Barrage



Barrage

Jenny Briffa


Théâtre

Dépôt légal: juin 2026
Nombre de pages : 68
Format : 12 x 23 cm
Prix : 1 500 francs CFP
ISBN : 979-10-92894-22-6 
Diffusion distribution : https://caledolivres.nc/

L’ouvrage


Mai 2024. La Nouvelle-Calédonie est en proie aux émeutes les plus intenses de son histoire. Une nuit, un groupe de parents d’élèves érige plusieurs barrages pour protéger le lycée de leurs enfants menacé par de jeunes émeutiers indépendantistes.

Sur le barrage sud, sont positionnés Kévin, Calédonien loyaliste, et Marguerite, Kanak indépendantiste. Ces deux-là se connaissent bien. Parviendront-ils à collaborer pour sauver le lycée ?

Après le succès de sa trilogie Fin mal barré !, Fin mal géré !, Fin bien ensemble, une parenthèse plus personnelle avec le seul-en-scène Ma quarantaine rugissante, et le spectacle remarqué Racines mêlées, Jenny Briffa, signe une nouvelle pièce coup-de-poing s’inspirant des évènements de mai 2024.

Sur ce Barrage, on retrouve Marguerite et Kévin, le couple mythique qui nous a fait rire et qui nous a émus dans le dernier volet de la trilogie Fin mal/Fin bien… mais le ton a changé.  

Délaissant les ressorts de la farce politico-sociale, Jenny Briffa propose une lecture plus intime des relations intercommunautaires en temps de crise. Irréconciliables ? Tant que le dialogue n’est pas rompu, l’histoire peut encore s’écrire.

Avec Barrage, l’autrice s’inscrit à nouveau au carrefour de l’écriture théâtrale et de l’enquête sociologique, en livrant ses pistes de réflexions.

Une lecture performée de Barrage a été proposée le 16 juillet 2025 dans le cadre du TOMA (Théâtres d’Outremer en Avignon), à la Chapelle du Verbe Incarné, durant le festival Off 2025, puis au musée du Quai Branly, à Paris, le 2 octobre 2025.

La pièce a été créée sur la scène de la Manufacture des Abbesses, à Paris, le 9 octobre 2025, avec un bord plateau de Luc Lacroix, grand reporter à France Télévisions.

Elle est présentée en Nouvelle-Calédonie à compter du 28 mai 2026, sur la scène du centre culturel Tjibaou, date de sortie de cet ouvrage.

En couverture de l'ouvrage : photographie de Jérôme Dominé, prise à la Manufacture des abbesses, Paris, octobre 2025.


Consulter sa biographie.





De la même autrice aux éditions Madrépores


Le spectacle


Une lecture performée de Barrage a été proposée le 16 juillet 2025 dans le cadre du TOMA (Théâtres d’Outremer en Avignon), à la Chapelle du Verbe Incarné, durant le festival Off 2025, puis au musée du Quai Branly, à Paris, le 2 octobre 2025.
La pièce a été créée sur la scène de la Manufacture des Abbesses, à Paris, le 9 octobre 2025, avec un bord plateau de Luc Lacroix, grand reporter à France Télévisions.
Elle est présentée en Nouvelle-Calédonie à compter du 28 mai 2026, sur la scène du centre culturel Tjibaou.

  • Autrice : Jenny Briffa.
  • Metteur en scène : Frédéric Andrau
  • Interprètes : Laurence Bolé, Stéphane Piochaud
  • Musique originale & design sonore : David Le Roy
  • Création lumière : Laurent Lange
  • Production : Compagnie Exîl, en coproduction avec la Compagnie Les Exîlés et le Rex ADAMIC
  • Chargée de production et diffusion : Solène Desurmont
  • Administratrice et comptabilité : Cathie Manné

Soutiens et partenaires du spectacle

  • Ministère de la Culture
  • Ministère des Outre-mer
  • Mission aux Affaires Culturelles du Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie
  • Province Sud de la Nouvelle-Calédonie

 Le metteur en scène Frédéric Andrau avec Stéphane Piochaud et Laurence Bolé.


03/11/2025

Madrépores, 20 ans d'édition en Océanie




Il y a vingt ans, Déwé Gorodé, que j’avais sollicitée quelques années plus tôt pour la collection « Chroniques du pays kanak », me confiait son roman L’Épave — son premier roman, et le premier roman kanak jamais publié.
Un texte fort, d’une forme libre et complexe, intensément contemporaine, audacieuse.
Une langue singulière. Une voix qui déjà portait au-delà du Pacifique.
Je me destinais alors à l’édition d’ouvrages documentaires, dans le domaine des sciences humaines et du partage du savoir — comme m’y prédisposaient ma formation universitaire et mes expériences journalistiques.
Mais cette pierre sur mon chemin en a changé la trajectoire, jetant des ponts vers d’autres formes de création, d’autres voix.
Les rencontres, les élans et les choix — conscients, délibérés —, au fil des affinités et des envies, ont décidé du reste.
Il y eut des moments de joie, des désillusions, du découragement.
Des succès, des silences, des croche-pieds et des encouragements.
Des prix, des émotions, des marques de confiance, et de très belles collaborations.
Des coups de main, des talents, de l’humilité et, parfois, de la fierté.
Il y eut surtout de l’engagement, du temps donné sans retour pour une certaine idée du pays.
Il reste, aujourd’hui, des amis, des souvenirs, des projets, des rires… et quelques livres — bien peu, sans doute, en vingt ans —, mais chacun bordé d’attention et d’espoir.
L’espoir qu’un mot, une pensée, une image trouve un cœur de lecteur où faire son nid.

G. B.

Madrépores: coraux des mers chaudes qui, en s’agglomérant, participent à la formation des récifs tropicaux.

04/09/2025

Racines mêlées


Racines mêlées

Jenny Briffa


Théâtre

Cet ouvrage a reçu l'aide à l'édition de la province Sud


Dépôt légal: septembre 2025
Nombre de pages : 88
Format : H 23 x L 12 cm
Prix : 1 500 francs CFP
ISBN : 979-10-92894-21-9
Diffusion distribution : https://caledolivres.nc/

L’ouvrage


Jannick est une botaniste mauricienne mondialement connue.

Son expertise la conduit jusqu’à Balade, à l’extrême nord de la Nouvelle-Calédonie, à la recherche d’une plante très rare, autrefois décrite par le botaniste de l’expédition Cook, mais jamais retrouvée. Elle pourrait constituer l’unique remède contre une maladie orpheline…

Reçue en tribu, à Pouébo, par le grand chef et son fils, Jannick va révéler au fil des jours un secret qui remonte au temps des capitaines Cook, Bougainville et Lapérouse.

Entre navigations légendaires, folies amoureuses, et passion des plantes ; cette pièce mêle la vraie histoire aux rencontres imaginaires, telles les racines entrelacées du banian…

Comme par magie, le lecteur traverse les siècles, de l’époque des grands navigateurs à aujourd’hui, en suivant les intrigues qui s’entrecroisent d’un siècle à l’autre, dans un élan bouillonnant et romanesque.

Racines mêlées a été créée le 4 septembre 2025 en salle Sisia du centre culturel Tjibaou, dans une mise en scène Sophie Bezard. L'ouvrage a été présenté au public à cette occasion.

Consulter sa biographie.



De la même autrice aux éditions Madrépores


Le spectacle

La pièce a été créée le 4 septembre 2025 dans la salle Sisia du centre culturel Tjibaou, dans une mise en scène de Sophie Bezard.
Elle a été programmée aux Francophonies de Limoges, et présentée lors des Zébrures de Printemps en mars 2025 (lectures scolaires) et lors des Zébrures d’automne, du 25 septembre au 5 octobre 2025. 

  • Texte : Jenny Briffa
  • Traduction français/nyêlayu : Scholastique Boiguivie
  • Mise en scène : Sophie Bézard
  • Scénographie : Raymond Sarti, réalisation de Lucile Bodin, avec la contribution de Patricia Bladinières
  • Comédiens : Laurence Bolé, Manon Dunoyer, Lucie Le Renard, Pablo Le Magoarou, Stéphane Piochaud, Gauthier Rigoulot, Magali Song, Simane Wenethem
  • Création sonore & composition : David Le Roy
  • Création lumière : Laurent Lange
  • Régie : Philippe Ruteau et Guillaume Borron
  • Costumes : Gauthier Rigoulot
  • Chargée de production et diffusion : Solène Desurmont
  • Administration : Hélène Singer, Cathie Manné
  • Production : Compagnie Exîl en coproduction avec la Compagnie Les Exîlés, l’ADCK – Centre culturel Tjibaou et l’ADAMIC

Soutiens et partenaires du spectacle

  • Ministère des Outre-mer
  • Fonds SACD / Ministère de la culture Grandes Formes Théâtre
  • Fonds d’aide aux échanges artistiques et culturels pour l’Outre-mer (FÉAC)
  • La Mission aux Affaires Culturelles du Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie
  • Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
  • Province Sud de la Nouvelle-Calédonie
  • Province Nord de la Nouvelle-Calédonie 
Cliché: Eric Dell'Erba


20/11/2024

Mano et l'ombre du banian

 



Mano et l'ombre du banian

Frédérique Viole

Roman jeunesse 

Illustré par Nicolas Yann Martin

Mis en couleur par Romain Flamand

Ouvrage publié avec le soutien du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Dépôt légal : novembre 2023

Format: 19 x 14 cm
Nombre de pages : 68
ISBN : 979-10-92894-17-2
Prix public : 1 500 francs CFP
Diffusion distribution : Book'In
Je commande en ligne


L'ouvrage

Chaque été, pendant les grandes vacances, la joyeuse bande de cousins se retrouve chez leur grand-mère, Mémécrep qui s’agite derrière ses fourneaux pour nourrir ses petits métis « arcs-en-ciel » et règne en femme de poigne sur la station. L’été en brousse pour les cousins et leur invité (un jeune métro tout juste débarqué), c’est la liberté ! Pêcher dans le creek, courir sur la plage, rentrer le bétail…
Mano est la plus jeune de la bande, mais pas la moins courageuse : c’est parfois compliqué de s’imposer auprès des « grands » qui feront leur entrée au collège à la rentrée prochaine. D’autant qu’il se passe de drôles de choses sur la propriété… Les objets disparaissent. Les animaux sont agités… Une ombre rôde aux alentours de la maison au banian – une ruine où il est fermement défendu de se rendre… Il faut résoudre ce mystère ! Fort heureusement, Mano et les cousins ont plus d’un tour dans leur sac !

Avec Mano et l’ombre du banian, Frédérique Viole signe un joli roman d’aventures au cœur de la brousse calédonienne. Avec son habileté coutumière, l’autrice du fameux Conte malpoli (Prix Popaï 2019) dresse une galerie de portraits truculente et fait une nouvelle fois la démonstration de sa grande sensibilité.

L’ouvrage est illustré avec brio par Nicolas Yann Martin qui saisit, avec son humour habituel, le sel de toutes les situations. Les images sont mises en couleurs par un autre dessinateur de talent : Romain Flamand.

Ce roman a été choisi par Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement, chargée de l’enseignement, et la direction de l’enseignement de la Nouvelle-Calédonie pour être offert à tous les élèves de Nouvelle-Calédonie achevant leur classe de CM2 en 2023.


L'autrice : Frédrique Viole


De la même autrice aux éditions Madrépores


L'illustrateur: Nicolas Yann Martin

Nicolas Yann Martin, alias Niko, est illustrateur, dessinateur et scénariste de bande dessinée. Il débute à 16 ans comme dessinateur de presse, puis signe les dessins de la collection Frimeurs des îles (10 tomes de 2001 à 2018), en collaboration avec l’auteur Sosthène Desanges, alias Solo. Son compagnon de travail est son chat il lui a inspiré sa dernière série, Cat’n Cookies, publiée chaque semaine dans un magazine local. Il réalise chaque dimanche un dessin inspiré de l’actualité pour le journal télévisé de NC la 1re et anime très régulièrement des ateliers où, grâce à sa tablette numérique, il fait la démonstration de son talent aux multiples facettes. Il signe, en outre, de nombreuses couvertures d’ouvrages et réalise en 2021 les illustrations des ouvrages jeunesse d’Isa Qala, comme Sedrenila, aux éditions Plume de Notou (2021), ou Kirinata et Doka pour les éditions De Bas en Haut (2022).






04/01/2024

Déwé Gorodé

Déwé Gorodé - Photo: gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Déwé Gorodé

Épéri Déwé Görödé-Pourouin (noté Gorodey par l’état civil, graphie qu’elle utilise en politique) est née le 1er juin 1949, dans la tribu de l’Embouchure, dans la commune de Ponérihouen (Pwârâiriwâ en paicî, littéralement “l'embouchure de la rivière”), sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie. Elle s’est éteinte le 14 août 2022 à l’hôpital de Poindimié, après de longues années de maladie, à l’âge de 73 ans. 
 
« J’ai aimé écrire assez jeune », confie-t-elle[1]. Sans doute parce qu’elle aimait écouter les histoires, celles de sa terre et celles d’ailleurs. Des histoires que lui contait son père, Waia Görödé (décédé en 1981), un disciple de Maurice Leenhardt[2]. Il s’en confia dans un recueil : Souvenirs d'un Néo-Calédonien ami de Maurice Leenhardt, reprographié par son fils Raymond Leenhardt en 1977, et un manuscrit, écrit en français, paicî et ajië, intitulé Mon école du silence, dont elle travaille à l’édition commentée, avec le professeur Bernard Gasser. Par ailleurs, ses deux grands-pères, les pasteurs Pwëdé Philippe Görödé et Cau Elaisha Nâbaï, élèves et informateurs de Maurice Leenhardt, ont laissé de nombreux écrits en langues ajië et paicî sur la tradition orale.
Orateurs traditionnels, ils ont également entretenu une très longue correspondance avec Maurice Leenhardt en ajië, comme le fera plus tard Waia Görödé, avec Raymond Leenhardt.
 
« Mon père nous racontait, en langue paicî des contes comme Le Petit Poucet, ou même l’histoire de Gavroche des Misérables. Mes grandes sœurs rapportaient des livres de prix, des contes… Je dévorais les livres de lecture. » En grandissant, l’ogresse des livres allait se faire conteuse.
 
Ses études littéraires à Montpellier, de 1969 à 1973, marquent les vrais débuts de l’écriture poétique, la découverte des écrivains de la négritude, des romantiques et de Marx...
Révélateur en matière d’écriture, ce séjour en France est également le déclencheur d’une prise de conscience politique. À son retour, elle rejoint les Foulards rouges, puis le Groupe 1878, mouvements contestataires kanak nés de mai 1968. En mai 1976, elle participe à la création du Palika, un parti politique prônant l’indépendance kanak. Chargée des relations extérieures, elle participe à des missions du front indépendantiste dans le Pacifique, en Australie, en Algérie, au Canada, au Mexique et à l’ONU.
Licenciée en lettres modernes, elle commence à enseigner en 1974, d’abord le français, puis le paicî, et enfin la littérature océanienne, au Mont-Dore, à Houaïlou (1983), Poindimié (1996), et Nouméa (1999), à l’université de la Nouvelle-Calédonie. En 1985, elle participe à l’expérience des EPK, écoles populaires kanak, créées dans la mouvance des Événements qui secouent l’archipel.
 
Son engagement politique dans diverses organisations indépendantistes lui vaut d’être incarcérée au Camp Est, la prison de Nouméa, en 1974 et 1977. Elle y compose une partie de son premier recueil de poésies, Sous les cendres des conques, publié en 1984, qui témoigne de sa volonté de faire entendre une voix kanak qui dise sa quête militante et son attachement aux racines de sa culture. Avec cette œuvre, elle tente ce qu’elle appelle « une interprétation poétique de l’histoire ». Pendant de longues années, elle privilégiera cependant le combat politique à l’écriture, « C’est peut-être aussi pourquoi j’ai publié très tard », explique-t-elle[3].
 
En 1994, paraissent Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier et L’Agenda (aux éditions Grain de sable, puis réédités et augmentés en 1996, aux éditions Madrépores), deux recueils de nouvelles où elle exprime le lien à la terre et la place de chacun dans une société en voie de reformulation. « Les deux recueils font une place importante aux femmes kanak d’aujourd’hui, dans le lien inaliénable qu’elles entretiennent avec le passé. Habitées par le devoir de mémoire, mémoire des souffrances d’autrefois, des luttes qui cimentent de nouvelles alliances sans faire oublier les anciennes, elles puisent ainsi leur force dans la tendresse qui habite les cœurs des autres femmes », résume Dominique Jouve[4].
En 1996, elle publie également Par les temps qui courent, un recueil d’aphorismes où « le style s’évertue à moderniser l’apophtegme en rejoignant l’humour populaire des tribus. Les maximes deviennent lapidaires… », résume Hamid Mokaddem[5].
 
En 1999, au lendemain de l’Accord de Nouméa, elle est l’une des deux premières femmes élues de l’UNI à l’assemblée de la province Nord, et se voit confier les secteurs de la Culture, de la Jeunesse et des Sports au Conseil de gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Elle participera à tous les gouvernements qui suivront (en 2001, 2004, 2009, 2011, 2014 et 2015), assumant même la vice-présidence jusqu’en 2009. À compter de cette date, elle est également en charge de la Condition féminine et de la Citoyenneté, jusqu’à la fin de son dernier mandat en 2019.
 
Elle poursuit parallèlement son chemin d’écriture en signant avec Nicolas Kurtovitch Dire le vrai et Le Vol de la parole avec Weniko Ihage, mais une large partie de son œuvre reste inédite. En 2000, à l’occasion du VIIIe Festival des arts du Pacifique à Nouméa, elle s’essaye au théâtre avec Kënâké 2000, mis en scène par Pierre Gope, au théâtre de Poche.
 
L’Épave, son premier roman, et le premier roman kanak jamais publié, paraît aux éditions Madrépores à l’occasion du deuxième Salon international du livre océanien (SILO), en octobre 2005 ; il est réédité en 2007 et en 2019. Il reçoit un accueil médiatique discret, voire gêné, mais le premier tirage est rapidement épuisé alors qu’il est sélectionné pour la douzième édition du prix RFO du livre 2006, aux côtés de Maryse Condé, Ousmane Diarra et Ananda Devi, qui en sera la lauréate. L’année suivante, L’Épave reçoit le prix Popaï du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, au SILO 2007, à Poindimié.
 
En 2008, Jean-Marie Gustave Le Clézio, recevant le prix Nobel de littérature, associe Déwé Gorodé à d’illustres auteurs internationaux, français ou ultramarins qui l’ont accompagné dans son chemin d’écriture lors de la conférence qu’il donne à cette occasion.
 
Graines de pin colonnaire, un second roman composite, paraît aux éditions Madrépores à l’occasion du SILO, en septembre 2009. 
Son troisième roman, Tâdo, Tâdo, wéé ! – No More Baby, est édité par Au vent des îles, à Tahiti, en 2012, dans la collection Littérature du Pacifique. 
En 2014, les éditions Vents d’ailleurs (La Roque-d’Anthéron, France), publient À l’orée du sable, un recueil de poèmes, suivi en 2016 par Se donner le pays, aux éditions Bruno Doucey (Paris), composé avec la poétesse Imasango, unissant ainsi leurs deux voix, « l’une kanak, l’autre métisse, pour rappeler que la poésie est un territoire de paix ».
 
G. B.

[1] Interview recueillie par Blandine Stefanson, Notre librairie, revue des littératures du Sud, nº 134, Paris, 1998.
[2] Ainsi que son père, le pasteur Philippe Görödé (1890-1972).
[3] Interview recueillie par Blandine Stefanson, Notre librairie, revue des littératures du Sud, nº 134, Paris, 1998.
[4] Le Mémorial calédonien, t. X, Nouméa, 1998.
[5] Chroniques du pays kanak, t. III, Nouméa, 2000.

Lire également: Disparition de Déwé Gorodé


Au catalogue Madrépores

L’Épave, roman, prix Popaï de la Nouvelle-Calédonie 2007,
Déwé Gorodé, 2005, réédité en 2019.
 
Graines de pin colonnaire, roman,
Déwé Gorodé, 2009.
 
Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier, nouvelles,
Déwé Gorodé, 2015.
 
L’Agenda, nouvelles,
Déwé Gorodé, 2015.
 
La Vieille Dame, nouvelles,
Déwé Gorodé, 2016.


Bibliographie de Déwé Gorodé

POÈMES

Sous les cendres des conques, poèmes,
Édipop, Nouméa, 1985.
 
Par les temps qui courent, aphorismes,
Grain de Sable, Nouméa, 1996.
 
Dire le vraiTo tell the Truth, avec Nicolas Kurtovitch, poèmes, traduits par Raylene Ramsay et Brian Mackay,
Grain de Sable, Nouméa, 1999.
 
Avant que la nuit tombe, poésie,
Avec Frédéric Ohlen et Nicolas Kurtovitch,
ill. de Mathieu Venon,
L'Herbier de Feu, Nouméa, 1999.
 
À l’orée du sable, poèmes,
Vent d’ailleurs, La Roque-d'Anthéron, 2014.
 
Se donner le pays, poèmes,
Avec Imansango, préface de Murielle Szac,
Éditions Bruno Doucey, Paris, 2016.

THÉÂTRE

Kënâké 2000, une adaptation du jèmââ de Téâ Kënâké, théâtre, pièce inédite mise en scène par Pierre Gope,
au théâtre de Poche, Festival des arts du Pacifique, Nouméa, 2000.

NOUVELLES

Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier, nouvelles,
Édipop & Grain de Sable, 1994, rééd. Madrépores, 2015.
 
L’Agenda, nouvelles,
Grain de Sable, Nouméa, 1996, rééd. Madrépores, 2015.
 
Le Vol de la parole, avec Weniko Ihage, nouvelles,
Édipop, Nouméa, 2002.
 
La Vieille Dame, nouvelles,
Madrépores, 2016.

ROMANS

L’Épave, roman, prix Popaï, 2006,
Madrépores, Nouméa, 2005.
 
Graines de pin colonnaire, roman,
Madrépores, Nouméa, 2009.
 
Tâdo, Tâdo, wéé ! – No More Baby, roman,
Au vent des îles, Pirae (Tahiti), 2012.

TRADUCTIONS

Dire le vraiTo Tell the Truth, avec Nicolas Kurtovitch, poèmes,
traduits par Raylene Ramsay et Brian Mackay,
Grain de Sable, Nouméa, 1999.
 
The Kanak Apple Season, nouvelles,
traduites par Peter Brown,
Pandanus Books, Canberra (Australie), 2004.
 
Sharing as Custom Provides, poèmes,
traduits par Raylene Ramsay et Deborah Walker,
Pandanus Books, Canberra (Australie), 2005.
 
The Wreck (L’Épave), roman,
traduit par Deborah Walker Morisson et Raylene Ramsay,
Little Island Press, Auckland, (Nouvelle-Zélande).

TRADUIT PAR DÉWÉ GORODÉ

Pierre noire, de Grace Mera Molisa, poèmes,
traduits par Déwé Gorodé,
Grain de Sable, Nouméa, 1997.

ESSAI

Trente ans du Palika – En chemin vers la citoyenneté, essai,
Édipop, Nouméa, 2006.

ANTHOLOGIES ET OUVRAGES COLLECTIFS

Blood on their Banner, Nationalist Struggles in the South Pacific,
David Robie, éd. Zed Books ltd, Londres (Grande Bretagne), 171, éd. First Avenue, New Jersey (États-Unis), éd. Pluto Press Australia & New Zealand, 1989.
 
Nouvelle-Calédonie – Un paradis dans la tourmente,
Alban Bensa, Gallimard, Paris, 1990.
 
A New Oceania – Rediscovering our Sea of Island,
Epeli Hau’ofa, Eric Waddel, Vijay Naidu, ed. University of South Pacific, School of Social and Economic Development, Suva (Fiji), 1993.
 
Die SüdseeInselwelten im Südpazifik, nouvelle,
Sabine Ehrhart, éd. Dumont Buchverlag, Cologne (Allemagne), 1993.
 
Paroles et écritures. Anthologie de la littérature néo-calédonienne,
François Bogliolo, Les Éditions du Cagou, Hachette Calédonie, Nouméa, 1994.
 
Avant-propos , in Chroniques du pays kanak, t. 4 :
« Mutations », encyclopédie,
Coll. sous la dir. de Gilbert Bladinières, Planète Mémo, Nouméa, 1999.
 
Nouvelles d'Océanie 1 : vol. 91, Anthologie permanente de la nouvelle, nouvelles,
Coll. sous la dir. de Daniel Delort,
Brèves/Pour la nouvelle, Villelongue-d'Aude, 2010.
 
Éclaire nos pas... Quinze ans de poésie — Nouvelle-Calédonie 1995-2010, poésie,
L'Herbier de Feu & le Club des amis de la poésie, Nouméa, 2011.